Success Story vol. 2. ou L’Ecole du Barreau, Gryffondor ou Serpentard ?

Fort de ce succès à l’examen d’entrée à l’Ecole d’Avocat, Maître Carré fut convié à la cérémonie de remise des diplômes de l’IEJ de sa faculté, en présence des examinateurs, ayant tous revêtus pour l’occasion leurs robes d’apparat : magistrats, avocats, et professeurs d’université. Il ne fut guère impressionné car il les avait déjà vus, ainsi vêtus, au Grand Oral.

Ce qui l’impressionna davantage c’est le caractère solennel de la cérémonie qu’il pensait n’être qu’une simple formalité : appel du nom de l’impétrant au micro, applaudissements, longue poignée de main photographiée avec une personnalité du Barreau qui se fendait d’un bon mot pour chacun des diplômés. Maître Carré avait eu droit à « Monsieur Carré, bienvenue dans le monde des avocats, nous verrons si vous ferez connaître votre nom ou si vous resterez dans l’ombre. »  Il l’avait pris comme un défi qu’il comptait bien relever.

Un peu par superstition, Maître Carré n’avait pas pris le soin de se renseigner sur le déroulement de la scolarité à l’Ecole de Formation du Barreau avant d’avoir obtenu l’examen d’entrée. Il appris donc de la bouche de l’un de ses camarades que la scolarité de l’EFB se déroulait en 18 mois, divisées en trois périodes de 6 mois chacune.

La première période consistait, soit en l’accomplissement d’un Projet Pédagogique Individuel (PPI) soit en une période de cours portant sur la pratique du métier d’Avocat elle-même, la seconde période étant dédiée à l’activité qui n’avait pas été choisie pour la première (cours ou PPI). La dernière période de six mois, elle était nécessairement consacrée à l’accomplissement du stage de 6 mois, en cabinet d’avocat. Le tout étant naturellement couronné par des examens dont la validation conditionnait l’obtention du précieux sésame : le Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA) .

Passé maître en choix stratégiques, il choisit de commencer son cursus par  la période de PPI, afin de faire coïncider l’arrivée de l’été avec la période de cours à l’Ecole. L’EFB étant fermée durant le mois d’août, il allait pouvoir prendre un mois de vacances bien méritées, qu’il n’aurait pas nécessairement eu en ayant choisi de débuter son cursus par le PPI.

Nombre de ses camarades avaient choisi de réaliser leur stage PPI dans des structures diverses et variées au sein de services juridiques de grandes entreprises en France ou à l’Etranger, à la CNIL, à l’Institut National de Propriété Intellectuelle ou dans les grands cabinets d’Avocats anglo-saxons de la place parisienne (le fameux Magic Circle ou encore Big Four), voire même de faire un second Master 2 pour compléter leur formation.

Maître Carré, lui, avait fait un choix qui s’avéra déterminant pour sa carrière :
la Cour d’Appel de Paris. Autorisé à lire les conclusions des parties, à donner son avis, à siéger avec les magistrats, et même parfois à assister aux délibérations en dépit de leur caractère secret imposé par l’article 448 du Nouveau Code de procédure Civile, il comprit peu à peu, au fil de ces six mois, les raisons qui conduisent les magistrats à statuer en faveur de telle ou telle partie au litige, comment se comporter dans un Tribunal, les façons de plaider qui agacent endorment ne retiennent que très peu, l’attention des magistrats, et celles qui obtiennent assurément leur oreille (et même parfois quelques hochements de tête approbateurs)… en somme l’Art de la plaidoirie.  Un certain avocat, dont la réputation le précédait, prenait ainsi le pari de plaider, tout doucement d’une voie fluette, du bout des lèvres ce qui bien souvent obligeait le juge à tendre l’oreille et donc à être attentif.

Durant la période de cours, Maître Carré s’ennuya dur. Les cours étant dispensés par des Avocats, ceux-ci, invités à parler de la pratique de leur métier se prenaient bien souvent à raconter leur vie à s’étendre sur le quotidien de leur cabinet, ce qui n’était que rarement passionnant. Le principe lui-même des enseignements, consistant à parler de la pratique mais dans des salles de cours, ne séduit guère Maître Carré. Seuls les exercices de mise en situation client / conseil, les cours de prise de parole en public, bien souvent assurés par un professeur de théâtre, et les techniques de négociation et de controverse parvinrent à retenir toute son attention.

Fort heureusement, ces périodes de cours étaient interrompues par des semaines de stage en alternance au Cabinet de Maître ONOMME ce qui lui permettait d’avoir un véritable aperçu de la pratique du métier d’Avocat.

La période de « foisonnement », notée au titre du contrôle continu, fut l’occasion pour Maître Carré de révéler ses talents insoupçonnés en matière contentieuse. Les élèves-avocats, qui doivent remettre un jeu de conclusions dans plusieurs matières (droit du travail, droit commercial, droit administratif, référé, et droit pénal), doivent ensuite plaider la cause de leur clients fictifs. Ils sont évalués par les avocats intervenant dans les matières correspondantes.

La qualité de ses écritures ainsi que ces talents d’orateur hors pair valurent à Maître Carré d’être remarqué par un examinateur qui était par ailleurs associé dans un cabinet français de droit des affaires.

Celui-ci lui offrit la première opportunité de sa carrière, un stage rémunéré au sein de son cabinet. Maître Carré ne manqua pas de la saisir, et ce fut le second tournant de sa carrière…

Une réponse à “Success Story vol. 2. ou L’Ecole du Barreau, Gryffondor ou Serpentard ?”

  1. Sully dit :

    Il semble que vous ayez oublié de décrire une scène primordiale dans votre récit: celui de la décision du Choixpeau magique pour savoir si vous deviez appartenir à Gryffondor ou Serpentard! Petite question anodine: alors, il est sympa le Choixpeau?

    Pour ma part, j’ai fais le test et c’est Gryffondor!

    http://harrypotter.free.fr/affiche.php3?page=testmaisons

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