L’avocat peut-il mentir? L’avocat et la vérité

Cette semaine, bravant ma flemme chronique du jeudi soir, je suis allée assister aux oraux blancs. Une fois, l’exposé terminé, vient les questions du jury. L’une d’elle, mais surtout la réponse qui lui a été donnée m’a taraudé un certain temps.
Je vous refais la scène.
«  A votre avis, un avocat peut-il mentir?  »Question posé l’air de rien par un petit monsieur à lunettes.
«  -heu……répond l’élève ,reniflant le piège a plein nez,…..Je suppose que oui….Si c’est dans l’interet de son client……
-Ah oui? Et que faites du devoir de probité de l’avocat pris lors de son serment? »
Et mince, je suis tombé dedans!!!!!
Et non, tu n’es pas tombé dedans mais c’est effectivement un piège.
Le devoir d’honneteté (ou probité) n’empèche pas, l’avocat de mentir comme l’expliqua notre cher examinateur.
Après avoir relaté l’affaire à un ami (ce qui confrma sa position déjà affirmée comme quoi tout les avocats n’étaient que de sales magouilleurs etc…), j’estimai que la question méritait plus amples réflexions.

Revenons à la base.
Avant d’exercer sa profession , l’avocat prete serment :
« Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonction avec dignité, conscience , indépendance, probité et humanité. »
A priori , le contenu de ce serment s’oppose à la possibilité de mentir (à moins de redéfinir la conscience et la probité).
La question n’est pas tant de savoir si l’avocat peut mentir mais de savoir qu’est ce que l’on entend par mentir et par vérité.
Concernant la vérité, il s’agit évidemment de la vérité judiciaire. Mais dans un procès, chaque partie aura sa propre version d’une même histoire, son propre point de vue qui s’analysera comme autant de réalités différentes. Seul le juge tranche. (Cette conception se retrouve dans la structure même imposée aux étudiants dans leur composition. On leur demande de développer une série d’arguments dans le but d’emporter l’adhésion, de façon structurée (en deux parties!!!), mais surtout pas de conclure. Ainsi on ne leur demande pas de prouver l’existence d’une vérité mais de convaincre le correcteur que leur compréhension d’une facette de la réalité judiciaire est la bonne).
En effet l’avocat ne peut être objectif par définition. « Défendre, c’est soutenir subjectivement une thèse objective » (Albert Brunois)
Cette position délicate lui permet donc à première vue une certaine marge de manœuvre dans la défense de son client, à savoir ne pas dire toute la vérité si celle-ci pourrait être amenée à lui nuire ou encore présenter les faits sous un jour plus favorable à son client.
Cette marge de manœuvre pourra s’analyser pour certain comme l’admission de la possibilité de mentir, et pour d’autre comme la limite extreme avant le mensonge.
L’avocat évolue, malgré tout, dans cet équilibre périlleux entre la défense convaincue de son client et le respect des grands principes déontologiques.

13 Réponses à “L’avocat peut-il mentir? L’avocat et la vérité”

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  1. JUDYI dit :

    L’Article ci-dessous ne met pas en lumière le potentiel effrayant chez certains Avocats de ne pas être en phase avec les principes du Serment. L’hypocrisie, la bassesse sont régulièrement de rigueur chez certains Professionnels du droit. Ce qui semble proéminent c’est leur force pour mentir et non pour convaincre.
    Qui va dire STOP à ces Avocats qui ne devraient pas prêter Serment car ils sont incapables à respecter ses principes puisque pour certains c’est inutile de respecter la dignité humaine.

  2. Rob dit :

    On peut savoir pourquoi zp vous postez vos fantaisies racistes et anales pv sur le mur de mon blog dédié à SEWER et la sexualité des enfants Antekhrist no ? Vous disposez de votre propre espace vamz où vous pouvez diffuser vos éjaculations verbales, alors profitez-en allègrement, mais respectez l’espace des autres sur la toile. Merci. xyyj Vive Hitler.

    a

  3. chuppa dit :

    Article très intéressant mais quelque peu incomplet. En effet et partant d’un cas concret (le mien) : je suis actuellement en pleine procédure (demandeur) pour un problème d’empiétement, d’aggravation de servitude de vue et d’aggravation servitude écoulement eaux pluviales. Dans ce dernier cas, mon avocat a saisi le TI qui s’est déclaré compétent. Toutefois et sur le fond, j’ai été débouté, la partie adverse soutenant que TOUS les aménagements avaient été faits AVANT mon arrivée. Or, cela est faux et archi faux mais plaidant en 1er, l’avocat adverse (plaidant en 2ème) a maintenu cette position dans sa plaidoirie et il a été impossible de revenir sur ses mensonges et, bien évidemment, le juge n’a demandé aucune preuve desdites affirmations = j’ai donc été débouté, le juge reprenant à son compte les mensonges adverses = donc appel, frais supplémentaires + délais plus long…
    Que faire dans ces cas là ? comment, avant une plaidoirie, contraindre la partie adverse à prouver ses affirmations puisque la justice (du moins dans le Gard) rend ses jugements non pas sur des faits prouvés, mais sur du mensonge puisque s’abstenant de s’assurer que telle ou telle affirmation est prouvée ?
    Et malheureusement pour mes autres procédures devant le TGI il en est de même des mensonges adverses s’amusant, à titre d’exemple, à appeler le même ouvrage un jour mur de clôture et le lendemain mur de soutènement alors que le principe construction de l’un par rapport à l’autre est radicalement différent.

    Merci à vous tous.

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