Bonne année 2009 !

1 janvier 2009

Tous nos meilleurs voeux pour cette nouvelle année, avec bien sûr, du bonheur, des suprises, de l’amour et de la réussite.

En vous souhaitant à tous de très bonnes notes au CRFPA, ainsi que des sujets que vous maîtriserez parfaitement!

 

Levons le voile !

1 janvier 2009

Fiou… Il gèle ce matin !

8 heures 15. Sylvain, assistant d’éducation ou « Sylvain le pion » comme ils l’appellent se frotte les mains l’une contre l’autre, en sortant dans la cour pour rejoindre la grille d’ouverture du Lycée Jean ROSTAND de Montfermeil. Il a le sourire, comme toujours. Pour lui, les accueillir avec un sourire, c’est déjà leur donner un peu envie de venir. Mais ces derniers temps, il n’aime pas trop « faire la grille ». Il ressent toujours une petite gêne, une légère angoisse en fait… Il espère que ce matin, il n’aura pas à le refaire…

Les élèves saluaient leur portier d’une voix tremblante. Leurs machoires étaient bloquées par le froid.

- Bonjour Sofiane

- Bonjour Thomas

- Bonjour Denis

- Ouech Sylvain! Bien ou quoi ? T’as vu ça comment il caille ce matin, c’est chaud !

- Intéressant cette formule Denis. Ça va je te remercie.

- Salut Sylvain, je peux rester avec toi à la grille jusqu’à ce que ça sonne ?

- Non Maryam, va plutôt dans la…

Au milieu des casquettes, des bonnets, des capuches et des crêtes des danseurs de Tektonik, Sylvain distinguait une petite bosse noire s’approcher, et s’approcher, et s’approcher encore… Oh non ! C’est bien ce qu’il craignait. Comme la veille, Aicha M. revenait au Lycée ROSTAND, vêtue de son hijab, son foulard islamique.

- « Aïcha », lui dit Sylvain d’un ton blasé. Tu sais très bien comment ça va se passer, mais tu t’obstines. Pourquoi fais-tu ça ?

- Tu peux pas comprendre, lui répondit-elle en baissant les yeux.

- Tu sais que je suis obligé de te signaler au chef d’établissement.

- Je sais, t’inquiète Sylvain. C’est pas grave, tu dois faire ton taf.

- Mais pourquoi tu t’obstines, tu vois bien que… reprit Sylvain.

- Tu peux pas comprendre, l’interrompit-elle. Elle avança dans la cour son sac sur le dos jusqu’à l’entrée de l’immeuble où l’attendait déjà le Proviseur qui l’avait aperçu de la fenêtre de son bureau.

- Suivez moi Mademoiselle M., fit Monsieur DORITON.

Aicha, se retourna et eu un regard vers Sylvain, ce qui lui déchira le cœur.

Un « DORITON vieux Croûton ! » fissura le silence de la cour mais le Proviseur feignit de ne pas l’entendre, l’affaire était bien trop grave pour perdre du temps… Il fallait agir vite.

Une sonnerie d’aéroport se fit entendre et Sylvain invita les derniers retardataires à s’activer vers leurs salles de cours. De retour dans la Vie scolaire, il ne souriait plus.

- Qu’est-ce qui t’arrive ? lui demanda Noria, sa collègue en signant les billets d’absence.

Il se contenta d’un « Rien » qui en disait long.

- Tu peux rien y faire, c’est comme ça et puis c’est tout ! Va plutôt faire ta perm’, c’est le bordel là-bas !

Arrivé dans la salle de permanence, Sylvain frappa violemment sur le bureau avec le cahier de présence.

- Le premier qui parle c’est deux heures de colle ! hurla t-il. Tout le monde se figea, les yeux ronds. Il faisait toujours ça au début de la permanence. Ça lui permettait d’avoir le silence pour les 5 premières minutes.

- (Tchip !) Mais si on parle pas, on va galérer répondit Fatou en secouant la tête.

- Ben on a qu’à faire un débat, demanda Katia au premier rang

- Ah ouais un débat, un débat, allez Sylvain ! répondit la permanence.

Sylvain profitait toujours de ses permanences pour donner des thèmes de débat aux lycéens, une façon de conserver un semblant d’ordre sans avoir à crier toutes les 5 minutes. Les thèmes étaient variés, parfois légers : « Kellog’s ou Nestlé, qui est le meilleur pour les céréales ? Slip ou caleçon ? Les frites du Mac Do ou les frites du Quick ? », parfois plus sérieux : « Pour ou contre la peine de mort ? Racisme ou simples a priori ? » A chaque fois, il était surpris par les aptitudes que présentaient certains élèves à argumenter leur point de vue. Ce matin, il n’eut pas besoin de chercher bien longtemps pour trouver le thème du débat.

- Bon ! Vous connaissez les règles expliqua-t-il après un bref silence : on se lève pour parler et on s’assoit quand on a fini; on argumente son avis; on ne coupe pas la parole; on ne se moque pas de la réponse des autres; on accepte la contradiction. Celui qui est grossier n’a plus la parole jusqu’à la fin du débat. Kévin, retire moi cette casquette !  Christophe retourne à ta place ! Le thème d’aujourd’hui : « Pour ou contre le port des signes religieux à l’Ecole de la République ».

- C’est quoi l’Ecole de la République ? commença Alice.

- On dit Ecole de la République pour désigner l’Ecole publique mais c’est une manière d’insister sur le fait que c’est le lieu ou l’on partage les valeurs de
la République » répondit Sylvain.

- Ben moi je suis contre le foulard » poursuivit Béatrice. Je trouve que comme on est en France, les gens doivent se comporter comme des Français et ça veut dire ne pas porter de foulard. 

- Ok, répondit Sylvain. Mais la loi du 15 mars 2004, dite loi STASI qui porte interdiction de signes religieux à l’Ecole ne concerne pas que le voile islamique. Elle encadre, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Elle interdit expressément le port “dans les écoles, les collèges et les lycées publics, […] de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse.Ca veut dire que ça concerne tout le monde les musulmans mais aussi les juifs, les chrétiens, les sikhs, les hindous…

- Tout le monde le sait que c’est une loi contre le voile ! répondit Kader du fond de la salle. Depuis que la loi est passée, est-ce que t’as entendu une fois à la télé qu’un sikh ou un juif s’était fait renvoyer de son lycée parce qu’il avait porté le turban ou la kippa. Les signes ostentatoires, ça concerne en priorité le voile.

- Et bien oui en fait, on l’oublie souvent, mais les sikhs sont aussi concernés par la loi STASI et ne peuvent pénétrer dans les enceintes des écoles, collèges, ou lycées publics avec leurs turbans.

- Et pourquoi le proviseur il convoque Aicha? Elle a rien fait de mal, demanda Katia.

- C’est la procédure qui a été énoncée par une circulaire d’application de la Loi STASI. La mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève.

- De toute façon, l’Islam ou n’importe quelle autre religion n’a rien à faire à l’école. C’est normal, c’est la laïcité fit Christophe.

- La laïcité, le mot est lâché… Bien. Est-ce que quelqu’un sait ce qu’est exactement la laïcité? demanda Sylvain.

- La laïcité, c’est la religion des français !

- Non Kader, la laïcité n’est pas une religion, quelqu’un d’autre ?

Devant le silence de la permanence, Sylvain reprit.

- Bon alors, la laïcité c’est le principe qui caractérise un Etat qui est gouverné par des autorités laïques, sans participation ou intervention des autorités religieuses. L’Etat laïque, indépendant de toute religion, est donc neutre. Il garantit cependant la liberté religieuse et le libre exercice des cultes.

- Ah ouais, c’est vrai que t’es avocat toi, alors tu te la racontes avec tes mots savants hein ? Non, je rigole, Sylvain. Mais, s’ils garantissent le libre exercice des cultes, pourquoi ils empêchent Aicha de porter son voile à l’Ecole ?

- Je ne suis pas avocat Kader, je passe le CRFPA, ce qui est malheureusement très différent. Cela dit, c’est une bonne question. En fait, la loi interdisant le port de signes religieux à l’Ecole a été votée suite à un contentieux récurrent de l’annulation de sanctions disciplinaires prononcées par des chefs d’établissement excluant des élèves des collèges et des lycées parce qu’ils portaient des signes religieux à l’Ecole. Le plus souvent, il s’agissait de jeunes filles qui refusaient de retirer leur voile islamique en cours de sport ou en Technologie, c’est vrai. On appelait ça « les affaires du Tchador » à l’époque. Les sanctions, en tant que décisions administratives défavorables, étaient déférées à la censure du Tribunal Administratif. Or le juge administratif n’avait pas de cadre juridique de référence en dehors d’un avis du Conseil d’Etat qui datait de 1989. Ce qui est intéressant c’est que cet avis ne concluait pas à l’incompatibilité du port de signes religieux avec le principe de laïcité. Au contraire, le Conseil d’Etat disait à l’époque : « le port par les élèves de signes religieux par lesquels ils entendent manifester leur appartenance à une religion n’est pas par lui-même incompatible avec le principe de laïcité dans la mesure où il constitue l’exercice de la liberté d’expression et de manifestations de croyances religieuses. »

- C’est vrai que ce sont des libertés qui sont garanties au plus haut niveau de la hiérarchie des normes tant par l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, que par article 9 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et par l’Article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1789 poursuivit Sylvain, qui, une fois n’est pas coutume pouvait à la fois allier son job étudiant et les révisions du CRFPA.  

- Ben qu’est-ce qui a changé pour que 15 ans plus tard on revienne sur ces libertés si elles sont si bien garanties. Elles ont été abolies tes déclarations ? demanda Kader.

- La liberté d’expression et de manifestation de croyance religieuse existe encore mais elle a été limitée, répondit Sylvain.

- Ah ouais sérieusement limitée puisque Aicha elle va être renvoyée, fit Kader à son voisin Kévin.

- Déjà à l’époque le Conseil d’Etat ajoutait que l’expression de cette liberté ne pouvait conduire à la contrainte au prosélytisme ou à perturber le déroulement général des cours. Il permettait donc de limiter cette liberté pour des impératifs de vie scolaire par exemple.

- C’était une façon de renvoyer la balle aux chefs d’établissement, fit Christophe

- Exactement. Les chefs d’établissement ont commencé à faire du cas par cas ou à préciser l’interdiction dans leur règlement intérieur comme les y invitait François Bayrou, alors ministre de l’Education dans une circulaire de 94. Du coup, les règles variaient selon les établissements ce qui posait problème en terme d’égalité qui est aussi une valeur de la République garantie par la Constitution. Alors la loi est intervenue suite à deux rapports : le rapport DEBRE en 2003 qui préconisait l’interdiction totale de ports de signes religieux dans tous les lieux publics et le rapport STASI en 2004 qui préconisait lui son interdiction dans les écoles collèges et lycées.

- Ok Sylvain, mais moi j’ai une cousine, elle habite en Angleterre. C’est un pays comme la France, occidental, moderne, et tout. Et ben elle va à l’Ecole avec son voile, normal ! Sa mère elle est policière, et donc elle exerce un métier de la fonction publique et elle porte le voile ! Il n’y a aucun problème là-bas alors pourquoi la France, soit-disant pays des libertés et des droits de l’Homme elle ne fait pas la même chose.

- La loi a été votée pour « rappeler le rôle essentiel de la laïcité comme facteur de cohésion sociale et d’intégration, le modèle français étant caractérisé par la volonté d’unité et le refus du communautarisme » Chaque pays fait ses propres choix par rapport à ce sujet qui est assez sensible. Beaucoup de pays ont fait le choix, comme la France, d’interdire les signes ostentatoires religieux à l’Ecole comme la Belgique et l’Allemagne, alors que d’autres proches de nous dans leur culture comme tu l’as dit, ont fait le choix de l’autoriser comme l’Italie ou les Pays Bas, mais aussi la Suède ou le Danemark. En tous cas, quoi qu’on en dise, cette limite a été déclarée conforme à la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Dans les affaires « Drogu contre France » et « Kervanci contre France », deux élèves exclues en 1999, de leur établissement scolaire en raison de leur refus de retirer leur foulard durant les cours d’éducation physique et sportive ont été déboutées de leur plaintes par la Cour européenne des droits de l’homme par deux arrêts du 4 décembre 2008. L’interdiction du port du foulard à l’école a été considérée comme une limite raisonnable à l’article 9 (droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion) de la Convention européenne des droits de l’homme. La question de sa constitutionnalité et donc de sa conformité avec la DDHC reste toutefois posée puisque à l’époque de son vote, le Conseil Constitutionnel n’a pas été saisi par les membres de l’Assemblée Nationale.

- Moi je te dis, les gens ils sont contre l’Islam en France, c’est tout !

- Les gens ne sont pas contre l’Islam, Kader. Il y a une réalité cependant, à la suite des attentats du 11 septembre la vision de l’Islam dans les médias, et donc dans le monde a conduit à une peur de l’extrémisme. Le mot  « islamiste » est, en cela, lui même très révélateur : On a crée un mot avec la racine du mot Islam en y attachant la fin du mot terroriste. Autant d’éléments qui font que dans l’imaginaire collectif, l’Islam est souvent associé à l’extrémisme et à la contrainte.

- Moi, quand j’étais à Georges Sand, au collège, se souvint Katia, il y avait une fille qui portait le voile. On s’entendait bien, c’était une fan de Prison break comme moi. Mais maintenant que la loi est passée, elle a été obligée d’aller dans un lycée privé.

- C’est une remarque très intéressante. C’est vrai que beaucoup ont craint que la loi n’ait en fait un effet pervers et qu’elles produisent tout le contraire de ce qu’elle cherche à faire. La loi STASI préconise l’interdiction des signes ostentatoires à l’Ecole de la République pour que chaque élève puisse se reconnaître dans les mêmes valeurs. En fait, dans l’esprit, elle participe à l’intégration de tous les élèves français quelque soient leurs origines.

- Ben ouais, c’est bien en fait fit Fatou.

- En pratique, on peut effectivement craindre un repli communautaire de ceux qui ne souhaitant pas retirer leur signe ostentatoire - leur foulard dans notre cas - et parfois leur turban ou leur kippa et qui vont de ce fait être rejetés par le modèle d’enseignement républicain. Ils vont tous être scolarisés dans les mêmes écoles, fréquenter les mêmes personnes qui appartiennent toutes à leur communauté, recevoir les mêmes enseignements et perdront cette ouverture sur le monde que pouvait représenter l’Ecole de la République et cette opportunité de remettre en question ses propres valeurs en les confrontant à celles des autres. Quant aux générations qui vous suivent et qui fréquenteront l’Ecole de la République, elles ne seront pas habituées à fréquenter des jeunes filles voilées. Elles ne pourront pas s’apercevoir que ce sont des jeunes filles qui sont fans de la Star Ac’ ou de Prison Break, comme toi Katia par exemple et cette situation pourrait engendrer des « a priori » qui conduiront à l’exclusion. Cette ignorance pourrait conduire à des dérives parfois grotesques: tout le contraire de ce que vise la Loi STASI. En somme, on souhaite une intégration de tous les élèves mais on leur ferme les portes de l’Ecole de la République, facteur d’intégration par excellence !

- Oui Katia, vas-y.

- Ben en fait, je suis plus fan de Prison Break. Maintenant que Michael SCOFIELD il a réussi à sortir, c’est nul !

- Ok, Merci Katia, tu peux te rasseoir. Quelqu’un d’autre?

- Oui, moi !

- Attends Kader, toi t’as déjà beaucoup parlé. Laisse un peu la parole aux autres.

- En fait, moi je me pose une question. Ça va peut être paraître un peu raciste mais je suis pas raciste.

- Ok ! Ca commence bien. On t’écoute Maryse.

- Je comprends pas pourquoi Aicha, elle le retire pas son voile, tout simplement. Moi j’en connais plein des musulmanes et elles ne portent pas le voile.

- Si elle ne le retire pas, c’est parce que c’est son père qui la force. Ben ouais c’est bien connu, c’est leur père qui les force à s’habiller comme ça. Tu vas pas me dire qu’une meuf de 17 ans, elle décide toute seule de porter le voile comme ça, alors que ses copines, elles sont en jupe tout le temps. Non, en fait si elles le mettent pas, leur père il les frappe, dit Kévin sous sa casquette NY.

- N’importe quoi, moi je la connais Aicha. Elle habite dans mon quartier. Sa mère c’est une française; elle porte pas le voile et son père, je le vois tout le temps au café de la gare en train de boire de la bière. Ca se voit qu’il est pas à fond dans l’Islam, répondit Kader, tout près d’en venir aux mains avec son voisin de table.

- Du calme ! Kader, tu ne cries pas comme ça ; Kévin tu me retires ta casquette ; vas y continue Maryse.

- Pourquoi elles retirent pas leur voile les filles musulmanes quand elles viennent à l’école ? C’est comme ça c’est tout, c’est la règle ? Des fois dans les pays musulmans ils forcent les touristes à mettre le voile ou ils leur interdisent de manger du porc ou de boire de l’alcool non ?

- Et bien j’imagine que la religion c’est quelque chose de très fort et de très personnel qui touche les gens au plus profond d’eux-mêmes et qui fait partie intégrante de leur personnalité. Regarde comment les esprits s’échauffent même ici entre Kamel et Kévin, qui pourtant sont constamment ensemble. Il y a des personnes pour qui ça compte tellement qu’ils ne peuvent pas laisser leur religion à la porte de l’école comme ça. C’est de la schizophrénie pour eux, c’est trop dur à faire. Et c’est vrai que dans certains pays musulmans les femmes doivent impérativement porter le voile mais à mon avis ce n’est pas un argument. Ce n’est pas parce que certaines autorités dans certains pays manquent de tolérance que la France devrait, elle aussi, manquer de tolérance en retour. 

La sonnerie interrompit Sylvain et tout le monde se précipita hors de la permanence dans un brouhaha assourdissant.

Sylvain, seul dans la salle s’assit au bureau et leva les yeux vers les fenêtres du fond de la salle de permanence. Il aperçut Aicha et son père, accompagnés du Proviseur, se dirigeant vers la grille de sortie du Lycée Jean ROSTAND.

Petit conte de la Saint Sylvestre

30 décembre 2008

Pour vous souhaiter de bonnes fêtes et un bon réveillon, quoi de mieux qu’un petit conte pour enfants (ou grands enfants). Voici la petite fille aux allumettes d’Andersen.

Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l’année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n’avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu’elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu’elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s’enfuyait emportant en riant l’une des pantoufles; l’autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n’ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s’arrêtait pour considérer l’air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n’avait pas encore vendu un seul paquet d’allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.

Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l’oie, qu’on rôtissait pour le festin du soir: c’était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d’allumettes, l’enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l’une dépassait un peu l’autre. Harassée, elle s’y assied et s’y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu’avant et cependant elle n’ose rentrer chez elle. Elle n’y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.

L’enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C’est ce qu’elle fit. Quelle flamme merveilleuse c’était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu’elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d’ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s’éteignit brusquement: le poêle disparut, et l’enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d’une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s’étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s’éteint.

L’enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d’un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l’allumette s’éteint. L’arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu.

«Voilà quelqu’un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l’avait aimée et chérie, et qui était morte il n’y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu’on voit une étoile qui file, d’un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l’enfant, se tenait la vieille grand-mère.
- Grand-mère, s’écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l’allumette sera éteinte: tu t’évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d’oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.

Et l’enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n’y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c’était devant le trône de Dieu.

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l’encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d’autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d’un paquet d’allumettes.
- Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ?

D’autres versèrent des larmes sur l’enfant; c’est qu’ils ne savaient pas toutes les belles choses qu’elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c’est qu’ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

Petit débat sur la discrimination positive

23 décembre 2008

Avachi sur son sofa, un homme regarde TF1, amusé par les bafouillages de Laurence Ferrari durant la présentation du journal de 20h. Il vient de voir l’annonce de Nicolas Sarkozy concernant le projet d’accorder 25% en 2008, puis 30% en 2009 de places en classes préparatoires à des élèves boursiers. Son fils arrive à ce moment et s’installe près de lui pour suivre la fin du journal.

- Hey fiston, t’as vu, Sarko souhaite établir des quotas dans les classes préparatoires pour les meilleurs élèves boursiers. Une nouvelle politique de discrimination positive! C’est une bonne nouvelle pour ton ami Antoine!
- C’est quoi la discrimination positive? lui répond son fils intrigué.
- La discrimination positive consiste en l’instauration d’inégalités pour promouvoir l’égalité, en accordant à certains un traitement préférentiel. Elle peut prendre deux formes: la première est fondée sur l’origine ethnique ou le sexe, tandis que la seconde est fondée sur les inégalités socio-économiques.
- Ah oui, c’est pas ce qu’ils appellent l’Affirmative Action aux Etats-Unis?
- Oui, mais là-bas, ils se fondent uniquement sur tes origines ethniques. En France c’est encore une autre histoire. Il y a tout un débat concernant la notion même de discrimination positive. Certaines affaires ont donné lieu à d’intenses débats. A titre d’exemple, je peux te citer la création des Zones d’Education Prioritaire, les partenariats entre les ZEP et Sciences Po, la loi sur la parité dans les élections, la nomination du préfet musulman par Sarko.
- Tu vas loin Papa! Tu ne viens pas de me dire que c’était uniquement fondé sur la couleur de peau ta discrimination positive?
- Aux Etats-Unis uniquement, mais en France, comme je te l’ai déjà dit, c’est différent. Hormis le cas de la loi sur la parité dans les élections et l’histoire du préfet que nous mettrons de côté, la plupart des politiques de discrimination positive font partie de la seconde forme, c’est à dire celle fondée sur les inégalités socio-économiques. L’Affirmative Action telle qu’elle se présente aux Etats-Unis ne serait pas envisageable en France dès lors que l’article 1er de la Constitution de 1958 interdit toute forme de discrimination fondée sur la race, l’origine ethnique ou la religion.

A ce moment, quelqu’un ouvre la porte de la maison. C’est sa femme, exténuée du boulot.

- Jsuis rentrée dit-elle.
- Salut chérie! T’es au courant pour l’annonce des 30% d’élèves boursiers?
- Oui, j’ai entendu ça à la radio et je suis totalement contre.

Le fils profite alors de cette diversion pour zapper Laurence Ferrari et mettre à l’écran sa série fétiche sur France 3: « Plus belle la vie« . Pendant que le débat s’enflamme entre les doyens.

- Attends, t’imagines, ça pourrait booster la carrière de ceux issus d’un milieu familiale peu aisé! Je ne sais pas s’ils auraient pu y avoir accès sans cette possibilité.
- Je t’arrête tout de suite. Premièrement, c’est peut être que des paroles en l’air ce qu’il dit le Sarko. Deuxièment, que fais-tu de la méritocratie dans tout ça? Celle-ci est basé sur la reconnaissance de la valeur par les diplômes, l’expérience, les qualités, les vertus. Elle a pour fondement l’égalité des chances, la liberté individuelle et la reconnaissance de la « réussite ». On ne peut pas parachuter des personnes à la place d’autres plus méritantes.
- Le constat est là: il existe une inégalité de moyens entre la « France d’en haut » et la « France d’en bas » qui a pour conséquence une inégalité des chances. Franchement, tu ferais comment à la place des politiques pour pallier les inégalités sociales? Avec la discrimination positive, on répare une inégalité d’accès pour aboutir à une égalité dans les résultats. Imagine un cent mètres dans lequel l’un des coureurs aurait les jambes attachées. Durant le temps qu’il lui faut pour faire dix mètres, les autres en ont déjà parcouru cinquante. De quelle manière faut-il rectifier la situation? Doit-on simplement délivrer le premier coureur et laisser la course se poursuivre, en considérant qu’il y a désormais « égalité des chances »? Pourtant, les autres coureurs ont toujours quarante mètres d’avance sur l’autre. Est-ce que la solution la plus juste ne consisterait pas à permettre à celui qui était attaché de rattraper son retard?
- Ce serait contraire au principe d’égalité garantie par les articles 1er de la Constitution de 1958 et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
- Bien sûr que l’égalité est un principe de traitement fondé sur la discrimination zéro. Mais à ce principe je lui oppose l’équité qui est un synonyme de justice. L’équité permet d’aller au-delà de ce qui est juste sur le plan légal et peut s’opposer à la loi lorsque celle-ci présente des lacunes ou s’avère inadaptée, voire injuste. Si on pose que l’égalité est une fin à atteindre, on comprend l’importance de politiques publiques équitables.
- En tout cas, je doute qu’il soit possible d’instaurer des quotas en France. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs déjà censuré une loi de 1982 qui imposait un quota de 25% de candidatures féminines sur les listes présentées par les parties aux élections municipales, dès lors qu’elle était incompatible avec le principe d’égalité.
- Toutefois, en 1979, ce même Conseil a admis l’existence de différences de traitement lorsque certaines catégories de personnes se trouvaient dans des situations différentes.
- La discrimination positive consiste à redresser après coup des inégalités qu’on a laissées s’installer. Ce n’est pas une solution de corriger une injustice par une autre. Avec ce genre de politique, on combat le mal par le mal. Je pense que c’est une fausse solution. Il faut prendre des mesures en amont plutôt qu’en aval. Puis, l’expression « discrimination positive » c’est n’importe quoi: une discrimination ne peut jamais être que positive. Elle est toujours à la fois positive pour ceux qui en bénéficient et négative pour ceux restant.
- Rooo ne commence pas à jouer avec les mots!

Devant les arguments de sa femme, l’homme renonce à toute discussion. Il fait la sourde oreille et laisse sa femme finir le débat avec le mur de la cuisine. Il se retourne et demande à son fils:

- Et toi fiston, t’es pour ou contre?

Ce dernier s’était assoupi et commençait déjà à ronfler.

- Encore une discussion qui t’as passionné à ce que je vois! Mais quoi qu’il arrive, je sais de toute façon que toi tu réussiras dans la vie, mon fils…

Dans l’attente des résultats…

18 décembre 2008

Avertissement: Ce texte est une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes serait fortuite et indépendante de la volonté de l’auteur.

Nous étions à  la fin du mois d’octobre. La pluie ruisselait lentement le long des vitres de la chambre de Tonio. Allongé sur son lit, il fixait le plafond et méditait sur son avenir. Nous étions le jour J, le jour de l’affichage des résultats écrits du CRFPA. Jetant un coup d’oeil à sa fenêtre, il contemplait un ciel bien triste qui ne l’encourageait que peu, à sortir de chez lui.

Son été, il l’avait passé à la bibliothèque. Que d’heures passées à lire, relire, réciter, répéter trois matières juridiques qui malgré leur faible nombre, restaient très denses et très longues à ingurgiter. Depuis quelques temps, Tonio effectuait tous les jours le même rituel: il mangeait un sandwich jambon-fromage durant le chemin qui l’amenait à la bibliothèque. C’était celui à 2,30 euros, le moins cher, le seul à la portée de son portefeuille. A force de manger le même sandwich, il ne supportait plus la vue d’un morceau de pain.

Arrivé à la bibliothèque, il rejoignait Sonia, son « binôme ». Sonia était une grande blonde, svelte, venant d’un milieu aisé, fille d’un directeur financier et d’une mère au foyer. Toujours fraiche et pétillante, un peu tête en l’air, souvent dans la lune plutôt que les pieds sur terre. Tout le contraire de Tonio, qui lui, était petit, rondouillet et fils d’ouvriers. Grincheux, têtu, « victime » de la société aimait-il se surnommer. Issu d’un milieu populaire, il en avait bavé pour en arriver là. Usé par les petits boulots, il survivait plus qu’il ne vivait.

Tout les séparait. Et pourtant, ils s’entendaient si bien. Meilleurs amis depuis l’enfance, ils se connaissaient par coeur et sans même se parler, ils pouvaient se comprendre. Inséparable depuis des années, Tonio et Sonia en avaient fait des bêtises ensemble, capables du meilleur comme du pire. Intenables à la bibliothèque, ils avaient d’ailleurs été exclus à plusieurs reprises. Tantôt en train de se disputer violemment avec des personnes qui « chuchotaient » un peu fort à leur goût, tantôt pris de fou rires à se faire réprimander par les personnes assises autour d’eux, ils étaient de vrais stars à la bibliothèque. Rire de tout et n’importe quoi, ils adoraient. Ce qui pourtant ne les empêchaient pas d’être sérieux et studieux lorsqu’il le fallait. Il y avait un temps pour tout.

Nous étions à présent le jour des résultats. Le stress et l’angoisse étaient permanent. Ils avaient fait des prédictions sur les notes qu’ils seraient susceptibles d’avoir. Celles-ci variant selon les jours, selon l’humeur. Ils pouvaient estimer leurs notes dans une fourchette allant de six à quatorze sur vingt: pas de quoi les rassurer. Tout était allé si vite durant les examens. Ils avaient longuement révisé pour vider leurs sacs dans le cadre de deux épreuves de cinq heures et une de trois heures. Un vrai condensé de savoir. Etre au top de sa forme durant ce laps de temps était indispensable s’ils voulaient avoir une chance de passer les oraux. Maintenant, il fallait se déplacer à la fac, pour savoir. Savoir ce que la vie leur réservait, savoir où ils iraient par la suite.

Au moment de sortir de chez lui, Tonio sentit son téléphone vibrer. C’était Sonia.
- M**** pour tout à l’heure. J’espère qu’on l’aura tous les deux.
- Je l’espère également. Bonne chance à toi aussi lui répondit Tonio. Croisons les doigts.

Ce qui pour eux semblait primordial, c’était qu’ils réussissent tous les deux les écrits. Peu importe les notes qu’ils auraient. Se serrer les coudes jusqu’au bout, tel était leur proverbe. Ensemble, un point c’est tout.

Les deux compères s’étaient donnés rendez-vous à la fac. Ils devaient pour cela traverser une épreuve intermédiaire: le trajet en métro. Le parcours entre le domicile et la faculté était toujours plus long le jour des résultats d’examen. Ils avaient connu ça tout le long de leurs cursus de droit. Ils ne pouvaient s’empêcher de compter les stations de métro restantes jusque l’arrivée à destination. Les mains moites et tremblantes, ils ne pouvaient plus attendre…

Tonio venait de sortir de la gare. L’avancée vers la fac ne faisaient qu’accroître la pression qui l’accompagnait dans tous ses faits et gestes. Entré dans le batiment, il avançait d’un pas fébrile, mais déterminé, vers l’endroit où se trouvait le panneau d’affichage. Sur le chemin, il croisait des personnes dont le visage rayonnait, d’autres abasourdis.
- Lui, il a l’air de les avoir eu. Elle par contre… pensait-il.
Mais ces personnes avaient-elles également passé le CRFPA? C’était sa question existentielle du moment.

Il continua son avancée et aperçu enfin l’ultime point de libération. Sonia était déjà là: elle avait vu les résultats. Elle savait tout. Elle tourna lentement la tête vers lui et d’un croisement de regard, ils s’étaient compris. Tout était dit.

Comment on fait une note de synthèse?

15 décembre 2008

La note de synthèse est l’épreuve phare des examens écrits du CRFPA. Beaucoup d’étudiants passant pour la première fois le CRFPA n’y ont jamais été confronté. Il s’agit pourtant de la grande hantise des étudiants…

La note de synthèse c’est ça: une quarantaine de pages contenant des articles de presse, de la doctrine, de la jurisprudence, des textes législatifs.

Et après?

Et après, vous lisez tout, vous faites une synthèse de la totalité des documents, mais dans le cadre d’un devoir clair et structuré. C’est SUPER hein?! Je sais… Ca ne vous avance pas plus que ça! Avant de pouvoir pondre votre chef d’oeuvre, vous devrez effectuer un travail de fourmi.

La note de synthèse n’est pas un résumé condensé de différents articles. Le but de cette épreuve est de tirer les informations essentielles de chaque document, puis de les organiser de manière structurée dans son devoir.

Vous trouverez ci-dessous une méthode pour faire une note de synthèse. Il en existe plusieurs et chacun doit trouver quelle est la méthode qui lui convient le mieux. Il n’y a donc pas UNE SEULE méthode pour la note de synthèse mais UNE METHODE PROPRE à chaque étudiant. Vous trouverez également quelques astuces pour vous organiser plus vite: vous pouvez soit les tester et les adopter, soit les écarter s’ils ne vous conviennent pas.

Nous pouvons distinguer 5 phases successives pour la réalisation de la note:

En remarque préliminaire, il est important de souligner que toute les étapes ci-dessous doivent être effectuées en rapport avec le thème de la note. Ne perdez jamais de vue ce thème au risque de faire un hors-sujet qui serait FATAL!

Phase 1: aperçu rapide

La première étape consiste dans le feuilletage de la note. Le feuilletage permet principalement deux choses: choisir un ordre de lecture et commencer à organiser ses idées en vue de la prise de notes (cf. Phase 2).

Un ordre de lecture des documents doit être défini afin de vous faciliter la compréhension de la note. Effectuez un feuilletage rapide de la note. Regardez quels sont les documents les plus accessibles, quels sont ceux qui semblent long et techniques, quels sont ceux qui sont structurés. Les plus abordables seront souvent lus en premier alors que les plus techniques, après. Le premier document à lire ne doit être ni trop long, ni trop court. Il s’agit d’une première approche de la note qui, sans être trop technique, doit vous permettre de vous donner une première idée de ce qui vous attends. Attention, le feuilletage doit rester succint. Il ne s’agit pas de commencer à lire attentivement les documents mais à apprécier sa structure et ses grandes lignes.

Durant ce feuilletage, vous vous apercevrez que certains documents disposent d’un plan. Notez les principaux thèmes sous forme de colonnes. Ils peuvent vous permettre de créer des catégories que vous étofferez durant la phase 2.

Phase 2: lecture + prise de notes

La phase 2 consiste dans la lecture des documents et dans l’extraction des informations essentielles.

Vous n’êtes pas obligé de lire la totalité des documents. Certaines notes de synthèse disposent de paragraphes qui n’ont rien à voir avec le thème de la note. Souvent, la première phrase du paragraphe résume l’idée majeure, les phrases suivantes ne faisant que développer cette idée. Pour gagner du temps, il faudra lire attentivement les documents présentant le plus d’intérêt, mais survoler ceux qui en présentent beaucoup moins. Lorsque vous êtes confronté à un arrêt, cherchez parmi les documents un article de doctrine résumant ou explicitant l’ensemble de cette jurisprudence. Cela vous évitera de le lire.

Concernant la prise de notes, interdiction de prendre une page de note par document! Vos notes devront en moyenne faire 4 ou 5 pages. Cette prise de note doit être active: les idées extraites doivent être reliées progressivement avec celles que vous avez extraites des documents précédemment lus. Si vous avez fait des colonnes durant la phase 1, certaines informations doivent parfaitement rentrer dans les catégories que vous avez crées. Pas de panique si elles ne rentrent pas! Il faut rester flexible: soit vous créez une nouvelle colonne, soit vous mettez l’idée de côté pour la relier à autre chose par la suite.

Phase 3: plan

Comme tout juriste qui se respecte, vous structurerez ce plan en deux parties, chacune subdivisées en deux sous parties.

Le plan va refléter votre compréhension du sujet. Souvent, l’étudiant pourra proposer un plan bateau (déguisé bien sûr!):
I. Nature / II. Régime
I. Régime antérieur / II. Perspectives

Mais qu’est-ce qui se passe? Je ne trouve pas le plan!

Dans ce cas, vous avez sans doute oublié d’organiser vos idées de façon progressive. Lors de la lecture, vous avez pris des notes mais de façon non organisée. Même la prise de note doit être active. Le classement des informations doit être permanent durant la lecture. C’est ce qui en principe peut vous permettre de trouver votre plan rapidement.

Phase 4: rédaction

Lors de la rédaction, restez neutre dans vos propos. Votre devoir doit traiter uniquement la note et rien que la note! Les connaissances personnelles sont donc à bannir. Evitez d’exposer votre science si la note ne traite pas d’un point -même en lien avec le sujet- ou d’arrêts dont vous connaissez l’existence. Votre avis n’intéresse pas le correcteur. Mieux, il pourra vous sanctionner si vous vous emportez! Banissez également de votre vocabulaire (au moins pendant 5h, le temps de faire votre note) les « je » ou « nous » qui connotent une certaine appropriation du sujet.

Soyez précis dans les termes que vous utilisez (exemple: un tempérament n’est pas une exception!). Tentez de ne pas recopier le texte et reformulez les idées. Afin de permettre au correcteur de comprendre rapidement votre raisonnement, essayez dans la première phrase d’un paragraphe d’énoncer votre idée principale puis argumentez dans les phrases suivantes. N’oubliez pas que chaque idée dégagée doit être reprise d’un document et que le numéro du document doit donc être cité pour justifier votre source. A la fin de votre devoir, tous les documents devront avoir été référencés au moins une fois.

Concernant la longueur du devoir, elle doit être de 5 pages maximum, soit une copie double + le recto d’une feuille simple. Le top de la longueur, c’est de faire 4 pages et demi. Surtout, finissez votre devoir! La plupart des IEJ sanctionnent les devoirs inachevés par une notation en dessous de la moyenne! Même s’il ne vous reste que peu de temps, contractez le muscle de votre bras et faites votre II. B). Attention aux crampes d’avant-bras ou de doigts!

Phase 5: relecture

Relisez! Une copie sans faute d’orthographe et dont les titres sont soulignés laisseront une bonne impression au correcteur. Ces détails peuvent éventuellement vous faire gagner un point voire plus! Et un point dans une épreuve dont le coefficient est de 2, cela peut très bien vous permettre d’avoir in extremis vos écrits!

Ultime conseil: gérez votre temps

Dans ce type d’épreuve, le temps est notre pire ennemi. Il est donc nécessaire de trouver un timing qui nous convient, en fonction de nos forces et nos faiblesses. A titre d’exemple, un étudiant rapide dans la lecture mais lent dans la rédaction pourra s’organiser de la manière suivante:
- 10 minutes pour une première approche globale
- 1 heure 50 pour la lecture
- 30 minutes pour le plan
- 2h 20 pour la rédaction
- 10 minutes pour la relecture

N’oubliez surtout pas votre montre! Elle est OBLIGATOIRE! En cas d’oubli, utilisez votre horloge biologique! :p C’était ma petite blague pour clore cet article!

Blog à ne pas manquer pour le Grand Oral!

11 décembre 2008

Un super blog que j’ai découvert il y a quelques mois et que certains connaissent sans doute déjà: le blog de Maître Eolas.
Un humour ravageur et une analyse très fine de l’actualité juridique, qui va même pour certains thèmes, jusqu’à décortiquer le droit pour les non-juristes.

La plupart des sujets d’actu qui tombent au Grand Oral y sont analysés. Il pourra vous donner pas mal de clés pour votre réflexion.

A ne pas manquer!

Présentation

8 décembre 2008

Il était une fois…

Une belle histoire d’amour entre des étudiants désirant porter la robe et un examen, celui d’entrée au centre régional de formation à la profession d’avocat (CRFPA),  qui avait cassé des dents (voire des machoires) à beaucoup d’entre eux.

Blog premièrement destiné à ces étudiants, il reste également ouvert à tous ceux qui s’intéressent au droit, juriste ou non juriste. Il va vous lancer des pistes de réflexion, sans toujours y apporter des réponses, commenter des jurisprudences dont vous lecteurs, vous pourrez discuter la portée ou l’interprêtation. Créé par des étudiants pour des étudiants, l’objectif de ce blog reste la discussion, l’échange d’idées. Et si chacun peut y apporter sa petite touche de réflexion, alors ce blog aura atteint son objectif.

Anecdotes fâcheuses, drôles ou dramatiques, thèmes d’actualité, méthodologie, réflexion sur des sujets de société, nombreux sont les sujets de discussion. Touchant de près ou de loin le CRFPA, ces thèmes sont innombrables et restent la source principale de notre inspiration…

En souhaitant longue vie à ce blog.

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